Pourquoi courir en forêt la nuit n’a pas QUE des avantages

4 11 2010

À partir de ces premières campagnes [premiers trailers, NDM], de nouveaux “focus groups” sont réunis pour évaluer le degré général d’information du grand public sur le film et l’intensité de sa mémorisation (à Hollywood, un directeur de marketing me parle de la “stickiness” du film, s’il “colle” bien). Viennent alors les “test-screening”, la projection du film, même inachevé, devant de nouveau “focus groups”. Un indice de satisfaction est élaboré et l’audience potentielle affinée. À ce stade, les directeur de marketing sont capables de prédire le succès du film avec, selon eux, une faible marge d’erreur. En fonction de ces études, la date de sortie peut encore être modifiée et sa durée raccourcie (“au-delà de 1 h 20 les minutes comptent double, au-delà de 1 h 30 elles comptent triple”, me dit un producteur). De même, certaines scènes sont susceptibles d’être coupées, ou édulcorées, ou transformées (on rajoute par exemple une scène d’action à partir des rushes si c’est un film estivale pour les teenagers, toutes les études d’audience confirmant que les jeunes hommes préfèrent massivement les scènes d’action aux scènes de dialogues). Même le “happy ending” peut être changé, si nécessaire. Cet exercice de post-production est délicat : on dit en anglais qu’il doit être “fine-tuned” , réglé avec précision, car il s’agit de donner au produit son identité, sa puissance mainstream, mais sans être trop banal ni trop “bland” (fade et terne, ce qu’on reproche souvent à la culture populaire américaine). Le film doit être à la fois grand public (on dit “crowd-pleaser” ou “crowd-puller”, qui plaît ou attire les foules), mais aussi nouveau et unique, son histoire devant donner l’impression d’avoir quelque chose de “spécial”. Ce “quelque chose de spécial” est essentiel : c’est l’intrigue, les acteurs ou les effets spéciaux qui l’apportent, mais la post-production et le marketing ont pour fonction de l’amplifier et le décupler. Voilà comment un film devient un “feel-good movie” (un film qui donne l’impression au spectateur de se sentir bien), comment sa vitesse s’accélère et comment il devient plus énergique ou “upbeat” (optimiste, combatif). Parfois, on insiste sur la nature “based on a true story” du film, ou bien sur son héros “bigger than life”, afin d’accentuer l’identification du public.

Extrait de Mainstream, par Frédéric Martel (page 88).

Ayant eu la bonne idée de traverser la France il y a quelques semaines, j’ai eu tout le loisir de lire (en partie, mais je vais le continuer) ce bouquin, que je recommande fortement.

J’ai donc, depuis mon dernier (vrai) post, commencé à courir, ce qui est assez sympa d’ailleurs c’est la présence d’un chemin de randonnée en forêt près de chez moi. Je tiens un assez bon rythme (5 fois par semaine), par contre en ce qui concerne la ‘performance’ en elle-même, c’est pas glorieux (néanmoins il y a des améliorations), comme je l’avais prédit.

Bon, ça c’était avant mon escapade en Bretagne, car il faut que je reprenne la course (décidément, il y a beaucoup de “il faut, je dois, etc…” dans mes notes). C’est pas très dur, mais j’ai dû attendre l’arrivée de la pluie pour pouvoir nettoyer mes chaussure de sport -il semblerait que courir dans la forêt la nuit tombée n’a pas que des avantages-, et après j’ai été débordé (pas forcément dans les choses les plus intelligentes, il est vrai).

Ce week-end, j’ai prévu un aller-retour à Lyon pour avoir une gribouille de mon professeur de bon goût. j’ai également prévu, mais pas pour ce week-end, d’aller voir une expo.

La gêne

Image d'une oeuvre de Ben, où il est écrit : "La vie de tout les jours"

Voila une oeuvre de Ben, tel qu’on en voit fleurir sur les trousses et agendas de tout les étudiants de France et de Navarre.

Je n’aime pas du tout ces trucs, cela relève pour moi, au même titre que les monochrome (Exception faite lorsque l’on ne se borne pas à un simple monochrome, à moins de s’appeler Malevitch).

C’est pourquoi je vais essayer de me fixer : Ben me sort-il par les yeux oui ou non ? Je compte avant faire une ‘étude de terrain’, en m’intéressant au mouvement Fluxus avec lequel il a quelques accointances, et si possible se servir du prétexte de l’expo pour lire des trucs sur l’art en général, notamment un bouquin qui m’a l’air intéressant.



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3 réponses

5 11 2010
Le Tiède

Oui, j’avais pensé à l’acheter aussi ce livre, mais bon, j’en ai déjà trop (encore 56 livres à lire, à dans un an). Par contre le coup de “au-delà de 1 h 20 les minutes comptent double, au-delà de 1 h 30 elles comptent triple” montre bien que ces gens ne connaissent même pas leur métier. Avec ces principes, le Seigneur des Anneaux n’aurait dû avoir aucun spectateur, ce qui est loin d’être le cas. Seule la qualité compte une fois qu’on est devant.

8 11 2010
photon man

Alors, tu est allé voir l’auteur d’ultimex?
le dernier tome correspond à ce qui est paru sur le site?

8 11 2010
Mammouth

Oui, j’ai eu le plaisir d’aller à Lyon, perdre du temps à trouver la librairie en question (il y avait une fête foraine ce jours-là, ce qui gênait quelque peu la visibilité des alentours), faire la queue pour avoir une dédicace, et partir avant de l’avoir eu car on s’était gouré dans l’heure de retour.

C’était sympa quand même (et j’ai eu l’album) !

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